Rennes-le-Château chapitre vendéen

 

 

 

 

 

 

 

II. Les sources

 

 

Les Soeurs de Mormaison

 

   La mise à jour d'un ensemble de documents ayant été rédigés par l'abbé Saunière a permis de redécouvrir les étonnants échanges que ce dernier avait avec une multitude de congrégations religieuses à travers la France qui, régulièrement et en général à sa demande, vont lui envoyer des commandes de messes, autrement dit de l'argent, la valeur d'une messe de l'époque étant en moyenne de 1 Franc Or.

    Ainsi donc ces pages, scrupuleusement rédigées chaque semaine, montrent les appels du curé de Rennes-le-Château vers des congrégations ou quelques paroissiens isolés, lesquels quelques temps après répondent pour la plupart favorablement et commandent ainsi les messes. Il va de soi que ce sont ces documents qui ont permis a certains chercheurs de conclure que Bérenger Saunière se livrait au "trafic" de messes et que sa fortune en provenait. Rappelons également qu'au moment de son procès l'abbé ne fournira pas ces livres de comptes et de correspondance ce qui lui sera préjudiciable bien évidemment... Mais peut on imaginer la réaction de son évêque a la lecture de ces pages?

 

     Je présente donc ici une reproduction de certains de ces documents qui montrent les "contacts" que Bérenger Saunière entretient en Vendée, notamment à La Chaize le Vicomte et à Mormaison. Ces pages sont issues des carnets de correspondance pour l'année 1901, époque à laquelle l'abbé reçoit des envois depuis ces deux sources vendéennes (mais aussi naturellement depuis toute la France).

     Depuis La Chaize le Vicomte, c'est l'hospice civil qui est contacté. Comment Saunière obtient-il l'adresse? Probablement depuis un annuaire, c'est en tout cas le premier envoi fait depuis la Vendée, en décembre 1900 selon la comptabilité de l'abbé.

     En effet à partir de 1900 le curé de Rennes-le-Château commence à voir large pour ses demandes de messes. Les pages de ces carnets montrent que lors de cette année il cible les départements méthodiquement les uns après les autres. Le tour de la Vendée arrive à partir du mois d'août 1900 avec successivement 3 demandes qui partent vers Challans, Fontenay-le-Comte et Chavagnes-en-Paillers, respectivement à l'hopital civil, chez les Soeurs de l'Union Chrétienne et chez les Ursulines de Jésus.

 

Challans, Fontenay-le-Comte, Chavagnes... en Août 1900 BS se tourne vers la Vendée

 

    J'avais pensé, à la vue des seuls carnets de comptabilité qui ne contiennent que les rentrées d'argent, que la Vendée avait été peu exploitée par Bérenger Saunière... mais la correspondance indique elle le contraire, le département est correctement exploité, mais les hôpitaux et congrégations contactés sont en fait peu favorables aux demandes de l'abbé : cette première salve d'août 1900 n'amène aucune réponse.

       Qu'a cela ne tienne!... l'abbé essaie de nouveau, cette fois-ci en octobre 1900 de trouver des sources en Vendée. Les demandes partent alors vers l'hôpital de Bouin, celui de La Chaize-le-Vicomte, et les hôpitaux civils et militaires de La Roche sur Yon et des Sables d'Olonne. Puis c'est Mormaison et les Soeurs des Sacrés-Coeurs qui sont approchées à la même période.

 

Octobre 1900, nouvelles tentatives à La Chaize, La Roche sur Yon et Les Sables d'Olonne. La Chaize le Vicomte répondra...

 

     Depuis Mormaison, les Soeurs répondent une première fois favorablement en décembre 1900.

         1899-1900 semble être une période charnière dans le système des demandes de messes que met en place Bérenger Saunière.

 

 

 

  

 

  

 

 

 

 

 

 

Mormaison,

la maison-mère

vue d'ensemble

 

 

    Les Soeurs des Sacrés Coeurs de Jésus et Marie apparaîtront en tout et pour tout 7 fois dans les carnets de comptabilité. En août et septembre 1901, deux envois parviendront pour une seule demande, postée par Bérenger Saunière le 30 juillet 1901. Les soeurs de Mormaison répondent une première fois, lettre reçue à Rennes-le-Château le 7 août, 50,00F donc probablement 50 messes puisque Saunière écrit qu'il s'agit d'envoi de messes et accusé de réception signifié le 8.

        L'abbé reçoit un nouvel envoi fait depuis Mormaison le 18 août 1901 (la compta indique 35,00F) et signifie l'accusé de réception le jour même.

 

                                                                                                    

 

Août 1901, 1ère réponse...

Septembre 1901, 2ème envoi

 

 

 

Juillet 1901, l'abbé envoie une demande à Mormaison

   

Parmi les carnets de BS, l'indication que son contact à Mormaison est bien la Supérieure Générale (S.G) Soeur St Bernardin.

 

   Il faudrait connaître le contenu des courriers expédiés par Bérenger Saunière pour comprendre sur quels critères le curé de Rennes-le-Château a pu convaincre ces congrégations éloignées de bien vouloir lui commander ces messes, car évidemment les demandes de l'abbé ne se limitent pas à la Vendée mais à la France entière dont plusieurs départements sont ciblés de la même manière. Le Maine et Loire voisin va par exemple figurer parmi les départements les plus rentables pour l'abbé. Quelque fois même, les envois proviennent de l'étranger.   

  

 

Maria Thomazeau

  

     Maria Thomazeau est sans doute l'un de noms qui revient le plus dans les carnets de Bérenger Saunière. Cette paroissienne de Bouin échangera près de 250 courriers avec BS. Le premier ayant été un envoi de carte c'est probablement lorsque Bérenger Saunière était à la recherche de cartes pour sa collection qu'ils entrèrent l'un et l'autre en contact.

 

Maria Thomazeau apparaît la 1ère fois dans les carnets de BS le 5 mai 1907

 

   Une relation particulière va s'installer entre BS et Maria Thomazeau, des échanges faits d'envois de messes, de cartes, mais aussi de travaux de broderies, dentelles etc... que BS paiera à Maria Thomazeau ou que celle-ci enverra contre des messes.

 

En échange de travaux BS expédie de l'argent à Maria Thomazeau, ici 40 francs

 

   En 1910 il semble que Bérenger Saunière et Maria Thomazeau avaient prévus de se rencontrer à Lourdes lors d'un pélerinage. La rencontre ne se fera pas et Maria Thomazeau exprimera ses regrets à BS.

 

1910, rendez-vous manqué à Lourdes

 

   Maria Thomazeau a également commis trois livres. Son activité d'écrivain n'apparaît pas dans la correspondance qu'elle échange avec BS tel que ce dernier la consigne dans ces carnets. Le premier de ces livres est un recueil de poésies, les deux suivants sont à destination des enfants (source BN) :

 

Fleurs de rêve, poésies. Avec une préface de M. Théodore Botrel - 1901

Les Mémoires d'un chat, histoire enfantine. Illustrations de Magne de La Croix - 1909 puis réédité en 1926

Petit Jacques, histoire dédiée aux écoliers - 1911, réédition en 1912

 

 

Rennes-le-Château chapitre vendéen

Page 1 - Présentation

Page 3 - Yzernay

Page 4 - Le "Système" Saunière

 

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