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Le trésor perdu du Roi de la Vendée |
Nous sommes la jeunesse du Monde!
propos attribués à Charette
I. Présentation
François-Athanase Charette de la Contrie (1763-1796)

Le Chevalier François-Athanase Charette de La Contrie est une véritable figure de légende. Ultime symbole avec Jean-Nicolas Stofflet de la résistance vendéenne, ce personnage a marqué toute une région par la guerre implacable qu’il mena contre la République entre 1793 et 1796. Curieux personnage, propulsé dans l’Histoire par l’insurrection vendéenne de mars 1793, sur lequel les historiens sont divisés : Les pages noires, qui ne peuvent être niées comme l’exécution de 300 prisonniers républicains à Belleville-sur-Vie début août 1795 font parfois place à des actions d’éclats dans lesquelles s’est forgée la légende, comme le sauvetage de Madame de Monsorbier et Mademoiselle de Voyneau, ces pieds-de-nez incessants et insolents envers la République qui s’arrache alors les cheveux de rage de ne pouvoir mettre la main sur le Roi de la Vendée…
Est-ce bien alors le même personnage que celui que les paysans de Machecoul viennent tirer de sous son lit du manoir de Fonteclose le 14 mars 1793 et qui plus tard, répondant aux approches de Dumouriez priera le futur Louis-Philippe de bien vouloir aller se faire f… ?
Fascinante figure dont la tradition et le folklore se sont emparés, héros de plusieurs chansons, qui ne pouvait pas manquer d’une histoire de trésor pour prolonger jusqu’ à nous le souvenir de ses chevauchées sur la terre vendéenne. Quoi qu'il en soit, et malgré les tentatives de récupération politique ultérieures (à mon avis personnel toute récupération des Vendéens de 1793 est abusive), je reprendrais ici la conclusion de René Bittard des Portes, dont nous utiliserons le livre au cours de ce dossier : "Quelque appréciation que l'on porte sur le dernier général vendéen de la grande guerre, deux choses en lui défient tout soupçon et toute critique : la fidélité des convictions et l'opiniâtreté de la résistance."
-Que d'héroïsme perdu! lui dit Travot qui le capture le 23 mars 1796.
-Monsieur... rien ne se perd... jamais... lui répond celui que l'on appelle alors le Roi de la Vendée.
Rien ne se perd, jamais... Gageons que le chevalier Charette disait vrai! Ainsi nous pourrons peut-être nous mettre sur la piste de son trésor que l'on dit au bas mot composé de 6 000 louis d'or, de dollars américains et de Livres Sterling du même métal!
L'existence de ce trésor ne fait aucun doute. Il fut livré à Charette sur la côte vendéenne lors de plusieurs débarquements effectués par une escadre anglaise à partir d' août 1795. Nous verrons comment cette précieuse cargaison fut acheminée vers le quartier général de Charette : Belleville-sur-Vie. Nous pisterons alors Charette dans ses déplacements ainsi que le firent les colonnes républicaines qui le pourchassaient ainsi qu'une bête traquée. Ce qui est advenu de ce trésor, qu'il ait été découvert depuis ou non, constitue l'énigme à laquelle ce dossier tentera d'apporter quelques réponses.
II. Quel trésor ?
Parmi tout les trésors auxquels on peut rêver et sur les pistes desquels on peut se mettre en route, il en est certain dont on peut s'assurer de l'authenticité. Le trésor de Charette est de ceux-ci. Si l'engouement qu'il a pu connaître un temps a tendance a retomber il n'en demeure pas moins une énigme historique passionnante. Ce dossier présente la recherche d'éventuels morcellements des fonds débarqués par l'escadre anglaise sur la plage du Bec à Saint-Hilaire-de-Riez entre le 10 et le 12 août 1795, mais on peut aussi avoir une vision plus large du trésor de Charette tel que, par exemple, le présenta le chercheur Didier Audinot dans le n°36 de la revue "Trésors et Détection" (je remercie ici Didier Audinot pour son autorisation à reproduire des extraits de ce texte) :
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Dès le début de la guerre, en mars 1793, Charette commence à se constituer un trésor de guerre qui lui permet de solder des mercenaires, de subvenir aux besoins de son armée. Ce " trésor " primitif a plusieurs origines distinctes : n Tout d’abord, les caisses militaires républicaines. Lorsqu’une ville est attaquée, elle est immédiatement délestée de la caisse communale, et tout ce qui peut être trouvé dans les rangs des colonnes républicaines attaquées va aussitôt grossir ce premier trésor. Parfois, sur des soldats bleus, Charette retrouve des objets provenant d’églises vendéennes pillées. Dans ce cas, il fait remettre les objets aux paroisses intéressées. n Vient ensuite l’or des nobles et des prêtres de la région. Charette est leur seule défense, et c’est spontanément qu’ils participent à son effort de guerre par des dons de toutes sortes. n Très rapidement, le général lève un impôt forcé dans la région. Les communes sont forcées de payer, et il se substitue aux nobles émigrés pour toucher, de force, à leur place, les fermages qui leurs reviennent. |
Mais après la paix signée avec le traité de la Jaunaye, ratifié le 17 février 1795, Charette va de nouveau reprendre les armes et déclarer la guerre à la République le 23 juin de la même année. Il est alors en correspondance régulière avec les princes qui, depuis leur exil d' Angleterre ou de Vérone, vont tenter de le rejoindre. Envoyant des émissaires par delà la Manche et en contact avec les émigrés qui ont embarqués dans l'escadre anglaise, un premier débarquement est organisé de main de maître le 10 août 1795 sur une plage du Bec, à Saint-Jean-de-Monts (aujourd'hui Saint-Hilaire-de-Riez). Des armes, des munitions, des effets et de l'or sont débarqués alors que les Vendéens contrôlent la zone. La livraison est considérable : 75 à 80 voitures forment le convoi qui va ramener ce trésor à Belleville-sur-Vie où Charette a établi son quartier-général.

Entre Les Becs et La Pège, au sud de Saint-Jean-de-Monts
les anglais approvisionnent Charette les 10,11 et 12 août 1795
Entre ce point de la côte vendéenne et Belleville il y a 45 kilomètres à vol d'oiseau que Charette et son armée vont parvenir à parcourir malgré les colonnes républicaines et la précarité des positions vendéennes. Un itinéraire qui nous est connu grâce aux détails donnés par René Bittard des Portes dans son livre "Charette et la guerre de Vendée" et nous permet déjà d'aborder le pays de Charette :
| Les quatre-vingts voitures, chargées de munitions de guerre (poudre et
boulets), fusils, sabres, pièces de canon, effets militaires etc., encadrées par
toute l'armée que commandait La Robrie, se retiraient d'abord sur l'abbaye d'Orouet
où il y avait des troupes en réserve et défilaient ensuite dans Soullans le 12
août de grand matin.(p.489) Sur la nouvelle que le convoi avait atteint La Roussière sur le chemin d'Apremont, il (Charette) rallia cette longue colonne dont il prit le commandement.(p.490) Dans la soirée du 12, les troupes se répartirent en deux colonnes, l'une avec le convoi coucha à Maché, l'autre à Apremont. Pendant la journée du 13 août, elles se rendirent au Poiré, à Belleville, où le convoi fut parqué, et à Saligny. Charette, en présence de détachements de toutes ses divisions, fit procéder au partage des munitions, des armes et des effets. (p.490) |

Le trajet du convoi en août 1795. Identifier les routes d'alors n'est pas chose facile!
Le 13 août 1795 le général Canclaux informe ainsi l’administration nantaise : " Un débarquement vient de s’effectuer de la part des anglais, au Bec, entre St Gilles et St-Jean-de-Monts. Le convoi a filé derrière les troupes des rebelles qui masquaient Challans ; il a passé à Soullans hier matin, le général Canuel est à sa poursuite. "(Savary V,310) A Belleville, la République a quelques espions… ainsi le représentant Cochon écrit-il au Comité de Salut Public depuis Niort le 20 août 1795 : " Il se fait souvent de petits débarquements de prêtres et d’émigrés. Un cavalier, venant, à ce que l’on croit, de Paris, porte à Belleville une forte valise chargée d’or. "(Savary V,323) Un simple passage à la mairie de Belleville-sur-Vie permet de s’assurer qu’aujourd’hui encore l’histoire du trésor est bien connue, même si elle est présentée comme une légende. Une légende qui, comme tente de le présenter ce dossier, repose sur des faits parfaitement établis et dont l’étude peut-être faite.
Au cours de ce débarquement nous avons vu que des fonds faisaient partie de la livraison. Les évaluer exactement n'est pas aisé mais il semble bien que plusieurs milliers de Louis d'or aient été ainsi destinés à Charette afin que celui-ci solde ses troupes et les répartissent entre ses différents officiers. Les écrits nous apprennent qu'une partie considérable de ces fonds suivaient Charette au cours de ces déplacements. En novembre 1795 Hoche, qui commande l'ensemble des troupes républicaines déployées contre les Chouans et les vendéens de Charette écrit au général Delaage, engagé avec Travot dans la chasse au Roi de la Vendée : "Charette a six mille louis d’or. Promettez-les et donnez-les à quiconque le prendra mort ou vif. Ne l’abandonnez plus qu’au tombeau". D'ou tient-il cette information? Peut-être du dénommé Barion, brigand de Vendée, capturé et interrogé à Luçon courant septembre 1795 et qui donnera des détails sur les forces de Charette après le débarquement de Saint-Jean.
Charles-Louis Chassin, auteur d'une oeuvre monumentale sur les Guerres de Vendée parle de 50,000 Livres d'or que Charette aurait lui-même reçu à bord de l'escadre anglaise. Chassin cite sa source : une étude historique de Saint-Jean-de-Monts de M. E. Gallet publiée dans l'Annuaire de la Société d' Emulation de la Vendée (1868-1869 p.102). J'ai consulté cette source et n'y ai pas retrouvé la mention de ces 50.000 Livres d'or. Eugène Gallet écrit : "Charette se rendit à bord d'une frégate anglaise et y échangea contre du blé des munitions de guerre qu'il fit charger sur 75 voitures. Ce convoi traversa tout le marais et arriva au Quartier-Général sans rencontrer un ennemi."
Avant de quitter les plages de la côte vendéenne, notons ici que plusieurs émigrés se joignent à l'armée royaliste. La plupart recevront des postes d'officiers ou seront intégrés à l'état-major, et ce malgré la défiance naturelle des paysans. Ces émigrés, associés aux déserteurs des troupes républicaines, constitueront le dernier carré de fidèles qui, avec Charette, trouveront pour la plupart leur destin dans les bois de la Chabotterie le 23 mars 1796. Nous retrouverons plus tard l'un d'eux, chargé lui aussi de fonds importants destinés à Charette : Constant de Suzannet.
III. Du débarquement à la capture : quelle piste suivre ?
Une fois regagné son Quartier-Général de Belleville ce 13 août 1795, Charette va continuer une guerre féroce contre la République jusqu'en Mars 1796. Belleville ne sera qu'une capitale provisoire... Battus et traqués, les royalistes l'abandonneront pour d'autres cantonnements, leur armée s'amenuisant peu à peu jusqu'à ne plus former qu'une poignée de derniers fidèles, trente-neuf hommes selon certains rapports de la capture du 23 Mars 1796.
Mais au jour de cette capture que reste t-il des fonds anglais ? Voici la base de la légende... voici maintenant la porte qui s'ouvre sur l'aventure. Un trésor qui a passionné plusieurs générations de chercheurs, qui est à la base de plusieurs traditions dans le pays. Un trésor qui, s'il doit un jour être approché, implique de coller aux traces de Charette depuis ce mois d'août 1795, d' identifier ses déplacements, pister ses différents cantonnements avec plus de deux siècles de retard quand, très souvent, plus rien ne subsiste.
Nous voici donc revenus à ce mois d'août 1795, peu de temps après le débarquement de Saint-Jean-de-Monts. Il est probable que Charette procède à un partage rapide d'une partie de ses fonds : certains de ces officiers occupent des positions différentes sur le terrain, Caillaud tient la région de Cerizay, Pageot celle de Bouin etc... mais il est également très probable qu'une partie des fonds fut cachée par la suite dans les déplacements de l'armée qui, rappelons-le, est constamment pourchassée par les colonnes républicaines (on a vu à quel prix Hoche estime Charette).
| Date | Evènement | Où est le camp de Charette? | Source |
| 10-12 août 1795 | Débarquement anglais à Saint-Jean-de-Monts | Belleville-sur-Vie | Bittard, 486 |
| 24-25 septembre 1795 | Marche de Charette sur Luçon | Le Champ-Saint-Père | Bittard, 503 |
| 26 septembre 1795 | Combat de St-Cyr-en-Talmondais, mort de Guérin | Belleville-sur-Vie | Bittard, 504 |
| 30 septembre 1795 | Grouchy investit Belleville que Charette évacue | ? | Bittard, 509 |
| 9 octobre 1795 | Lettre de Charette : Pouvoir donné au Comte de Geslin | Belleville-sur-Vie | Savary 6, 15 |
| 12 octobre 1795 | Débarquement anglais à La Tranche-sur-Mer | Forêt d'Aizenay | Bittard, 521 Chassin 2, 180 |
| 21 novembre 1795 | Combat à La Ferrière, réponse à Dumouriez | Sainte-Flaive-des-Loups | Bittard, 532 |
| 24 novembre 1795 | Débarquement à Saint-Gilles | ? | Bittard, 536 Chassin 2, 206 |
| 25 novembre 1795 | Mémoire des officiers de Charette pour la paix | Château de la Roche-Boulogne | Bittard, 539 |
| 27 novembre 1795 | Combat à Saint-Denis-la-Chevasse, château de Chatenay | Bois des Gâts | Bittard, 540 |
| 28 novembre 1795 | Combat des landes de Béjarry, mort de Prudent de La Robrie | Saligny, Bois des Gâts | Bittard, 541 |
| 4 décembre 1795 | Marche de Charette sur Watrin | Saint-Martin-des-Noyers | Bittard, 543 |
| 8 décembre 1795 | Lettre de Charette au Comte de Provence, mort de Pageot | Montorgueil | Bittard, 548 |
| 16 décembre 1795 | Lettre de Charette, nomination de Guyon de Rochecotte | Belleville-sur-Vie | Bittard, 553 |
| 28 décembre 1795 | Choc avec Travot à la Grande Roulière (Poiré-sur-Vie) | Bois du Détroit St Martin des Noyers | Bittard, 550 |
| 2 janvier 1796 | Combat à La Bruffière | Belleville-sur-Vie | Bittard, 558 |
| 6 janvier 1796 | Charette quitte Belleville, Prêt à Suzannet | Montorgueil | Bittard, 561 Chassin 2, 268 |
| 15 janvier 1796 | Travot surprend Charette à La Créancière (Dompierre-sur-Yon) | ? | Bittard, 564 |
| 23 janvier 1796 | Combat du bois de la Boule (Saint-Gilles) | ? | Bittard, 566 |
| 15 février 1796 | Charette évacue le château de la Boutardière | ? | Bittard, 571 |
| 20 février 1796 | Lettre de Charette à Stofflet | Montorgueil | Bittard, 573 |
| 21 février 1796 | Combat des Brouzils, mort de Charette aîné | Bois de Grammont | Bittard, 576 |
| 27 février 1796 | Travot retrouve Charette à la Bironnière | La Bironnière (Froidfond) | Bittard, 583 |
| 8 mars 1796 | Charette débusqué à La Grossetière | La Grossetière (Challans) | Bittard, 584 |
| mars 1796 | Suzannet en Vendée avec des fonds pour Charette | ? | Bittard, 587 |
| 22 mars 1796 | Charette cantonne à la Pellerinière | La Pellerinière (Les Lucs) | Bittard, 587 |
| 23 mars 1796 | Charette capturé par Travot dans les bois de la Chabotterie | Bittard, 589 | |
| 29 mars 1796 | Charette fusillé à Nantes | Bittard, 602 |
Ce tableau est établi en fonction des lettres qu'expédie Charette depuis ses campements ou par les mémoires publiées par ses officiers. Il montre qu'au moins trois fois la flotte anglaise approvisionna l'armée de Charette. A chaque fois, outre des armes, munitions et effets, des fonds sont débarqués. Le doute plane sur le fait que Constant de Suzannet ait pu joindre Charette en mars 1796, d'autant plus que le billet relatif au prêt du 6 janvier 1796 sera retrouvé dans les papiers du général après sa capture. La lettre de Hoche à Delaage concernant les 6.000 Louis d'or est datée selon Chassin du 26 novembre 1796 et aurait été écrite par Hoche "apprenant par ses espions que le chef vendéen vient de recevoir de l’argent". Cette estimation concernerait donc le débarquement opéré à Saint-Gilles le 24 novembre 1795 qui restera le dernier effectué par l'escadre anglaise.
Le Quartier-Général de Charette fut souvent Belleville-sur-Vie, où l'on peut encore voir aujourd'hui les bâtiments qu'il occupait alors avec ses officiers, ainsi que le "Palais Royal" qu'il fit construire dans l'espoir d'y accueillir un jour le petit Louis XVII. On a quelque fois dit que les chefs vendéens savaient ou pressentaient dés mars 1793 leur cause vouée à l'échec, ce bâtiment (le "Palais Royal" ) semble montrer que l'on ne peut appliquer cette idée à Charette.

Belleville-sur-Vie, le QG de Charette
aujourd'hui une école privée
Belleville-sur-Vie... "Rempart et bastion" dit la chanson... En septembre 1795, alors que Charette, encore puissamment entouré, marche sur Luçon, un de ses soldats nommé Barion est capturé par les républicains et subit un interrogatoire au sein duquel il nous apprend les déplacements réguliers de Charette depuis Belleville : "Charette, ainsi que le révéla le prisonnier, s’absentait souvent de Belleville, surtout dans le jour, allant au château du Recrédit, à celui de L’Eraudière ou à son ancien cantonnement de La Bésilière et parfois même, dans une chevauchée rapide, au château de La Roche-Boulogne" (cité par Bittard des Portes p.496-497). Certains de ces déplacements sont-ils liés à des caches éventuelles ou le général aurait fait enfouir une partie de ses fonds ou des armes ?


Le château du Recrédit
près de Belleville-sur-Vie
Le château de la Roche-Boulogne
n'existe plus. Il s'élevait autrefois
sur les bords de la Boulogne.
Charette est encore puissamment entouré, ses sorties ont l’air de parades, drapeaux au vent, mais l’armée républicaine fin septembre 1795 s’approche dangereusement de Belleville. Une avant-garde que commande Emmanuel de Grouchy, le futur retardataire de Waterloo, aborde Belleville le 30 septembre 1795. Charette préfère esquiver la rencontre car il veut garder ses forces intactes pour protéger le débarquement d’un prince et fait évacuer à ses troupes la place forte, non sans avoir pris la précaution de faire enterrer ses pièces d’artillerie. Technique habituelle de ces armées de fortune qui doivent pouvoir se déplacer très vite. Les canons de Charette seraient toujours enterrés, on les situe près de la forêt de Touvois. Investissant la capitale provisoire de Charette les républicains visitent les maisons et pille l’hôpital vendéen : l’or du général ne fera pas partie du butin.

Belleville-sur-Vie, le "Palais Royal"
La période est riche en évènement, le Comte d’Artois, embarqué sur la flotte du Commodore Warren approche des côtes vendéennes et débarque sur l’Ile d’Yeu le 1er octobre 1795. L’armée royaliste du centre, que commande Sapinaud de la Rairie entre à son tour dans le conflit et enlève Mortagne-sur-Sèvre. Les regards se tournent vers Stofflet et l’armée d’Anjou, va-t-elle suivre le mouvement ?
Charette, Sapinaud, Stofflet. De ces trois chefs intrépides, seul Sapinaud verra le Roi restauré.
Le frère du Roi promet de gagner la terre vendéenne et demande à Charette d’en sécuriser une zone, c’est à la Tranche-sur-Mer que sera tentée l’opération, le 12 octobre 1795. Charette parvient à y rassembler 12 à 15 000 hommes. Le Comte d’Artois et ses aide-de-camp sont sur l’île, qu’il pose le pied sur le continent et la République devra faire face à la plus grave menace qu’elle n’ait jamais connue, mais l’histoire ne se refait pas : le prince ne viendra pas, Charette avait en fait rendez-vous ce jour là avec son destin. Dés lors il sait que sans le prince ses soldats le quitteront et il deviendra une proie facile à prendre pour les troupes de Hoche. Si le prince ne vient pas, les anglais font tout de même de nouveau procéder à des débarquements d’équipements et de fonds que les vendéens de Charette récupèrent avant de regagner la forêt d’Aizenay où ils campent en attendant de regagner le lendemain Belleville. Cette vaste forêt, située entre le camp de Belleville et la côte contient peut-être encore aujourd’hui quelques secrets enfouis à l’époque.
Le général Hoche avait eu connaissance du rassemblement de La Tranche, mais il ignorait qu’il s’agissait de rallier le comte d’Artois. Dans une lettre qu’il adresse à Grouchy le 14 octobre 1795 il livre quelques repaires de Charette et de ses officiers à la curiosité du marquis. Ces informations sont capitales dans le cadre de la recherche de ce qu’il pourrait rester des fonds débarqués par les anglais et partagés entre les officiers de Charette : "Le domicile ordinaire de Charette est Belleville ; mais lorsqu’on croît l’y attaquer, il se retire soit au château de la Roche-Boulogne, paroisse de Rocheservière, soit dans le bois des Gâts, soit dans la commune des Brouzils. Il a souvent des relais au Retail, près Legé, et au bois Chevalier, près de la forêt de Rocheservière. Une de ses maisons favorites est dans la commune des Essarts, à l’angle des Quatre-Chemins. Couëtus se tient à la Marouserie et aux Brétaudières, commune de Saint-Philbert-de-Grandlieu. La Robrie (Hyacinthe ndla) loge souvent à Louvrardière, même commune, sur le bord de la rivière ; Lecouvreur se tient à la Ratière, près Legé, et quelquefois au château de Grammont, près la petite rivière de Boulogne ; Guérin (jeune ndla) se tient presque toujours à la Ruffelière, paroisse de Saint-Philbert-de-Bouaine. Cette maison est aussi sur la Boulogne. (…) Sapinaud, Béjarry et Fleuriot demeurent au château de Boisgard, distant d’une lieue des Herbiers et sur la gauche de la route qui conduit de cet endroit à Saint-Florent." (cité par Bittard des Portes p.522-523)


Stèle F.F.I du bois des Gâts (Dompierre-sur-Yon)
elle marque aussi l'emplacement du camp de Charette
Le château du Bois-Chevalier,
au nord de Legé (44)
Belleville est une position que le chevalier occupera jusqu'au 6 janvier 1796, date où il quitte son quartier-général pour, semble t-il, ne jamais pouvoir y revenir.
Pour Charette, la guerre est faite d’attaques de convois républicains, il lui est difficile d’opérer de grands rassemblements, les premières défections commencent. Le général royaliste ne désespère toujours pas d’une éventuelle arrivée du comte d’Artois, la flotte anglaise est toujours là, c’est pourquoi il s’efforce de rester proche de cette côte dans laquelle il place tout son espoir. C’est à Sainte-Flaive-des-Loups, au château du Lierre ou il établi alors son camp qu' il guette ces colonnes qui le cherchent et que dirigent Travot, Delaage ou Valentin. Il est à Sainte-Flaive le 21 novembre 1795 d’où il répond à Dumouriez qui a tenté de lui faire embrasser la cause du duc d’Orléans, futur Louis-Philippe. La réponse de Charette est courte, elle a au moins le mérite d’être claire : « Mon cher Dumouriez, Dites au fils du citoyen Egalité d’aller se faire f… » Charette se battra jusqu’au bout pour Louis XVIII, jusque devant le peloton d’exécution.
C’est à Sainte-Flaive également que Charette apprend le départ du comte d’Artois. Il n’y aura pas de prince. Le 24 novembre 1795, à Saint-Gilles, les royalistes parviennent à nouveau à prendre livraison de matériel et de fonds importants qui viennent grossir la trésorerie de Charette. C’est à la suite de ce débarquement, qui sera le dernier réalisé par l’escadre anglaise avant de quitter les côtes de Vendée, que le général Hoche écrit à Delaage la fameuse lettre faisant référence aux 6 000 louis d’or : " Charette a six mille louis d’or. Promettez-les et donnez-les à quiconque le prendra mort ou vif. Ne l’abandonnez plus qu’au tombeau. " Ces 6 000 louis sont-ils donc juste les fonds débarqués ce 24 novembre ou consistent-ils en une estimation totale des fonds de Charette obtenu par le biais d’espions ? Hoche semble ignorer certains débarquements, ainsi celui dont il est question dans une lettre adressée par le commodore Warren à Charette, écrite vers le 20 novembre 1795 et qui dit ceci : " monsieur, j’ai envoyé au conseil du Morbihan pour lui annoncer que je compte faire débarquer le plus tôt possible la somme de vingt deux mille deux cent vingt deux livres sterling en dollars, que je crois que le conseil vous fera passer sans retard. Je vous souhaite tous les succès possibles. "
Des officiers de Charette, dont Couëtus et les frères La Robrie, sentant l’issue du combat proche entrent en contact avec le général Gratien et rédigent un mémoire pour préparer la pacification qu’ils portent à Charette le 25 nove au château de la Roche-Boulogne dont nous avons déjà vu qu’il est un refuge régulier pour le chef vendéen. Ce château aujourd’hui n’existe plus, il s’élevait sur les bords de la Boulogne, à deux kilomètres au sud de Rocheservière.
Charette est inflexible, il n’y aura pas de paix, il tance ses officiers. Prudent de la Robrie sera tué le surlendemain dans les landes de Béjarry.
Charette est isolé. Son camp le plus régulier sera celui de Montorgueil, un village faisant partie du Poiré-sur-Vie, perché sur une hauteur qui domine la rivière de la Vie. Un camp qu'il rejoint alors même qu'il quitte Belleville le 6 janvier et auquel nous pouvons l'affirmer il se rend avec des fonds considérable.
Comme le tableau le montre, c'est depuis Montorgueil que Charette octroie un prêt à Suzannet, dont la trcore de f Charette lpromets de lui remettre dés qu'il me les demal, le 6 janvier 1796." Le billet est signé par Constant de Suzannet. Quel est ce prêt? Peut-être s'agit-il d'une somme destinée à payer de nouveaux approvisionnements anglais car Charette, ancien officier de marine, conservait une certaine rancoeur vis-à-vis des anglais et, pour en quelque sorte ne rien leur devoir, fera embarqué à bord de l'escadre des charrettes de grain en échange des approvisionnement débarqués. Ce fut notamment le cas lors de l'important débarquement de Saint-Jean-de-Monts les 10-12 août 1795.

L'or a transité par Montorgueil, ce billet en est la preuve
René Bittard des Portes nous signale que Suzannet est de retour en Vendée en mars 1796 " portant des fonds considérables destinés à Charette, à Scépeaux et même à Stofflet dont il ignorait la mort." (p.587). D'ailleurs il est significatif que Charette est surpris avec ses hommes le 23 janvier 1796 près de Saint-Gilles, dans le bois de la Boule ou il perd 10 cavaliers et 5 chevaux. Si le chef vendéen, qui ne compte alors avec lui plus qu'une centaine d'hommes dont 50 cavaliers s'approche si près de la côte c'est peut-être qu'il cherche à réceptionner une aide venu de l'océan. Il est repoussé. L'emplacement de son campement est mal défini à cette période, mais il est probable qu'il s'agisse toujours de Montorgueil d'ou il écrit a Stofflet le 20 février 1796 après avoir appris que le Général angevin a lui aussi, à son tour, repris les armes contre la République.

Les ruines du moulin à Montorgueil
ont passionnés les chercheurs...
Elles seraient en fait du XIXème siècle
On peut raisonnablement penser que le camp de Charette soit demeuré à Montorgueil entre ces deux repères du prêt à Suzannet et de la lettre à Stofflet, soit un mois et demi pendant lequel le chef vendéen a pu cacher armes et fonds dans l'alentour. Alors qu'il écrit à Stofflet Charette l'ignore, mais il lui reste un mois de liberté. L'adjudant-général Travot se fait pressant, sans cesse relancé par Hoche. Son camp est installé à Pont-de-Vie, sans doute un peu trop près de Montorgueil au goût de Charette...
Pourquoi part-il ? La proximité de Travot ou la nécessité de faire la jonction avec Stofflet ? Le 21 février, alors qu’il a quitté Montorgueil, c’est le combat dit des Brouzils mais qui eût lieu a proximité du village de La Bégaudière. Le parti de Charette est broyé dans une embuscade qui achève de le rendre inopérant. Son frère aîné Louis-Marin Charette et son cousin Charette de la Colinière sont tués parmi une trentaine d’officiers, les survivants comme Hyacinthe de La Robrie, Lecouvreur, Jean-Baptiste Guérin se rendent et sont immédiatement emprisonnés. Charette lui, et ses derniers fidèles, parviennent à rejoindre les fourrés et les bois de Grammont, ou ils bivouaquent au soir de cette journée qui les condamnent. Ici, il est légitime de penser que Charette, ayant quitté Montorgueil le matin même ou la veille , a emporté avec lui sa trésorerie probablement confiée à l’un de ses officiers. Dans la bataille la correspondance du chef royaliste est tombée aux mains des républicains. Pour lui elle signifie la mort en cas d’arrestation car on y trouve des ordres de rassemblements signés de sa main et la correspondance avec le comte d’Artois. Si Charette circule ce 21 février 1795 avec sa correspondance, c’est donc qu’il n’a plus de camp fixe. La veille encore il était à Montorgueil, la lettre à Stofflet le démontre. En plus de la correspondance, les républicains de Travot ont pris à Charette son guidon, à fleurs de lys d’or.
Un document peu connu, relatif à ce combat, est un courrier expédié par le capitaine Vergès qui plus tard revendiquera la capture du chef royaliste dont Travot recueillera les lauriers. Cette lettre à son importance car elle indique que de l’or était transporté par Charette et ses officiers lors de cette journée. L’extrait que je reproduis ici est brut, fautes d’orthographes et erreurs sur les noms comprises : "Après trois lieues de marche, nous le trouvâmes dans un village (La Bégaudière), accompagné de 150 hommes de cavalerie, environ cent d’ynfanterie que nous mîmes dans une déroute complette, quoique nous ne fussions que cent cavaliers et cent cinquante chasseurs sous mes ordres. Nous tuâmes Charette l’aîné, l’abbé Reimon, commissaire général (l’abbé Remaud qui ne fut pas tué à cette affaire), et le chef de division Cailloux (Caillaud, divisionnaire qui survécut lui aussi) ; nous ne savons pas le nom des autres qui ont resté sur le carreau. Ils avaient des 200 louis doubles dans leurs poches." (Revue Historique 1897 Année 22 T.65 p.86)
Une hutte du bois de Grammont a servi ce soir du 21 février 1796 de cache à Charette. C’est la sans doute qu’il prend conscience plus que jamais que la fin de son épopée est proche et en effet, il lui reste un mois de liberté. Un mois où il n’est plus en mesure d’établir un camp ni de le défendre. Depuis Grammont, au sud de Rocheservière, Charette est proche de ses cantonnements de 1793-94. Legé, le château de Bois-Chevalier, le château de La Roche-Boulogne, le village de la Bézillière ou encore celui du Retail mais alors qu’autrefois ce pays l’acclamait aujourd’hui il le craint. Dans cette optique, Charette est soupçonneux. Il sait que les chocs successifs ne sont pas dus à de simples coïncidences. Il lui devient vital de changer sans cesse de repaire :
Charette erre en effet de métaierie en métaierie, de futaie en taillis, cherchant les retraites les plus écartées, couchant dehors malgré les rigueurs de la saison, enveloppé dans son manteau, ou même dans la "couëtte" poitevine, auprès d'un feu de bivouac qu'il faut parfois éteindre pour ne pas éveiller l'attention. Il n'a plus de cheval et marche à pied comme pendant la retraite de Bouin, mais, au lieu de l'armée qui le suivait alors, c'est une petite troupe de cinquante, soixante, cent hommes au plus qui l'accompagne, groupe sans cohésion qui se fractionne le matin pour se retrouver un peu plus compacte le soir. (Bittard des Portes p.584)
Travot, qui le piste sans relâche ainsi que les colonnes de Gautier ou de Valentin, découvre parfois la retraite du chef royaliste. C'est ainsi que nous découvrons quelques-uns des refuges que Charette va occuper jusqu'à ce qu'on l'y débusque, parfois dénoncé. Ses officiers se soumettent, Hyacinthe de la Robrie, Guérin jeune et Lecouvreur le quittent et Charette de crainte d'être trahi ne semble pas occuper longtemps les bois de Grammont. Il est ici encore dans une région qu'il connaît très bien : Legé, Rocheservière, la forêt de Gralas. Tout les bourgs sont aux mains des républicains. La fin est proche. Malgré tout le 27 février 1796 Charette parvient encore a rassembler 400 fantassins à La Bironnière, près de Froidfond. Cette fois-ci nous sommes près de La Garnache, et des terres du chevalier à Fonteclose d'ou il avait fallut le tirer de sous son lit pour le mettre à la tête des maraîchins de 1793.
Charette semble chercher de nouvelles forces... Travot, comme souvent, a été informé du rassemblement. Il surprend les vendéens qui voient tomber une soixantaine des leurs et en sont réduits a fuir. C'est à cette période, selon l'abbé Remaud, que Charette et ses derniers défenseurs ne sont plus qu'une troupe à pied, totalement inopérante, et ce détail à son importance car il semble difficile désormais alors de transporter quoi que ce soit : "Le mardi suivant, à la bataille de Chauvière, paroisse de Froidfond, je perdis le dernier de mes chevaux, et, depuis ce jour-là, l'armée ne fit plus la guerre qu'à pied."(Abbé Remaud, Mémoires.)
Toujours
selon l'excellent René Bittard des Portes, Charette "se rejeta probablement
dans les bois de Touvois et dans ceux de Grandlande, car les républicains ne
re
trouve sa trace que le 8 mars ". Période donc floue, pendant laquelle on
peut imaginer que Charette, qui a perdu sa correspondance dans le combat des Brouzils, cherche à dissimuler ce qu'il ne veut pas voir tomber aux mains des
républicains...
Travot apprend avec 24 heures de retard la présence de Charette le 8 mars 1796 au village de La Grossetière, à l'est de Challans à 5 ou 6 kilomètres au sud-est de Froidfond. Charette passe encore au travers des mailles des patrouilles républicaines. Ayant appris la prise et la mort de Stofflet, Charette expédie une lettre à l'abbé Bernier, hélas sans date ni lieu... Constant de Suzannet, l'officier qui signe la reconnaissance de dette de Montorgueil est de nouveau signalé en Vendée portant avec lui des fonds destinés à Charette. Il n'est pas démontré qu'il ait pu le rejoindre.
Le Chevalier est devenu une ombre,
blessé, malade. La dernière course arrive, elle partira du hameau de La Pellerinière le matin du 23 mars 1796 au nord des Lucs-sur-Boulogne et
s'achèvera au hameau de Chevasse, dans les bois de la Chabotterie à l'endroit
supposé ou s'élève aujourd'hui la croix dite de Charette.
Charette de nouveau blessé est pris. Sa petite troupe est décimée. Conduit au château proche (château de la Chabotterie), le dernier symbole de la résistance vendéenne et surtout de la cause monarchiste pour cette fin du XVIIIème siècle est sommairement soigné. On découvre dans ses effets cent Louis d'or dans une fausse ceinture... de ces Louis d'or que nous suivons depuis les plages de Saint-Jean et de Saint-Gilles, de ces Louis d'or dont Charette ne livrera pas le secret.
Ici se place un fait qui n'est pas facile à vérifier, alors que Charette est conduit à Angers et qui est rapporté entre autres par Françoise Kermina dans son "Monsieur de Charette" (p.287), ainsi que par Chassin (T.II p.414):
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Chemin faisant, il [Charette] voulut sonder Travot ; il lui dit : "Je vois bien que je ne puis rien avec les baïonnettes, mais de l'argent pourrait me tirer d'affaire." Le général lui répondit : "En vous arrêtant, j'ai servi ma patrie, et jamais je n'ai eu le dessein de la trahir." Suivant messager, de Saint-Gilles, aide de camp de Travot, Charette insista, et l'adjudant-général républicain le fit taire, s'écriant : "Si vous continuez, je vous ferai descendre de cheval !" |
La croix de Charette
bois de la Chabotterie
Charette a t-il réellement tenté de soudoyer Travot ? Avec quel argent ? Les Louis de la fausse ceinture ou de l'or qu'il peut récupérer s'il le faut? Lors de son interrogatoire à Nantes par le général Duthil, Charette est questionné sur les fonds et les débarquements. Ses réponses ne laissent rien transparaître, il est face à ses ennemis...
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Question : Quelles sommes avez-vous reçues du gouvernement anglais pour continuer la guerre ? Réponse : A reçu 12 à 15 000 francs. Question : Où ces sommes ont-elles été déposées ? Réponse : Aux chefs de divisions et aux soldats. Question : Commandiez-vous en chef au débarquement du Bec ? Réponse : Il commandait en chef, ayant Sapinaud sous ses ordres, avec 10 à 12,000 hommes et 1500 cavaliers. |
Condamné à mort, François-Athanase Charette de la Contrie est fusillé à Nantes, sur la Place Viarmes le 29 septembre 1796 à 16 heures. Plus de deux siècles après ces évènements son souvenir est encore très vif dans la région. Les traditions sont nombreuses qui placent l'or de Charette ici et là. Le village de Montorgueil, perché sur son éminence voit encore de temps à autres passer quelque chercheur ou prospecteur, équipés de détecteur de métaux (de "poêle à frire" vous dira t-on), investir la zone en rêvant au trésor de Charette. Rappelons ici que ce type de recherches est soumise à des lois et que la première de celles-ci, naturelle, est le respect de la propriété privée. Des recherches plus sérieuses ont été menées, à différentes époques, et qui seront développées dans une prochaine mise à jour concernant l'historique des recherches et des traditions concernant l'usage qu'il a pu être fait de l'or de Charette s'il a jamais été découvert...
Ouvrages consultés pour la réalisation de ce dossier :
René Bittard des Portes, Charette et la guerre de Vendée
Charles-Louis Chassin, Etudes documentaires sur la révolution française Tome II La dictature de Hoche
Savary J.J. Guerre de Vendée et des Chouans Tome V et VI
Abbé Deniau, Histoire de la Guerre de la Vendée, Tome V
Françoise Kermina, Monsieur de Charette
Jean-François Chiappe, La Vendée en armes Tome II Les Géants
Revue Historique 1897 Année 22 T.65, Le général Vergès et les derniers jours de Charette en Vendée (24-29 mars 1796) par A. De Ganniers
Historia n°386 Janvier 1979, Qui a trouvé le trésor de Charette ? par Valentin Roussière
Historia n°471 Mars 1986, Le trésor de Charette retrouvé, par Didier Audinot
Trésors et Détection n°36, Treize localisations pour les 6 000 Louis d'or de Charette, par Didier Audinot
Revue du Souvenir Vendéen n°187-Juin 1994, Contribution à l'histoire de Rocheservière pendant la Révolution